Être noir. Pour moi, ça signifie tout d’abord être humain, homme, femme et enfant. Pour beaucoup trop de gens encore, nous sommes différents, alors que je suis persuadée que nous avons tous la même origine, lointaine certes, mais réelle. C’est aussi mettre de la couleur dans la vie, de la joie de vivre, des sourires et des rires chantants. C’est une culture qui en a engendré une multitude d’autres.
Quand j’étais jeune, je ne m’identifiais pas à ma culture, à mes origines, ni même à ma couleur de peau. Étant enfants, on s’acceptait tous tels qu’on était. Les insultes à caractère racistes venaient surtout des adultes à vrai dire. Enfin, j’appellerais ça plutôt des insinuations. Ce n’est que lorsqu’on est confrontés à ce genre de violence qu’on se rend compte qu’être noir, dans cette société, c’est faire deux fois plus que les autres pour se faire accepter. C’est se battre contre les préjugés, c’est accepter d’être différent aux yeux des autres mais surtout, s’accepter soi-même. C’est ne se soumettre à personne sauf à Dieu, vivre au jour le jour en pensant que c’est le dernier.
Je pense aussi qu’être noir, c’est être ouvert d’esprit, être fier de ses racines en cherchant à connaître le monde dans lequel on vit, c’est extérioriser le bonheur et intérioriser la souffrance, pleurer en soi et sourire aux autres. C’est chanter et danser peu importe le moment. C’est avoir de l’espoir même dans les moments les plus critiques.
La couleur de ma peau n’est pas un handicap, même si c’est difficile ici de trouver un travail (rires), mais je trouve, au contraire, que c’est un beau détail, un cadeau que le ciel m’a donné.